"Il y a en chacun de nous une chose qui n'a pas de nom, et cette chose est ce que nous sommes." | Portugal

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"Il y a en chacun de nous une chose qui n'a pas de nom, et cette chose est ce que nous sommes." | Portugal

Message par Portugal / Vicente le Mer 13 Avr - 14:22





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J'ai lu un jour qu'un homme ne pouvait oublier qui il était réellement,
et que les souvenirs restaient tous là, enfermé dans des tiroirs.
Certains se ferment à clef, d'autres restent accessibles à notre conscience.
Rien ne disparaît, tout reste. Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que plus avance,
et plus ces tiroirs se ferment un par un dans mon esprit ?





« PEUR DE L'OUBLI, PEUR DE SOI»

Je profite d'être conscient de moi-même pour écrire. Je sais que je suis dans cet institut de malheur, je sais qui je suis exactement, je me souviens de tout le monde, de ma vie, de mes amis et de mes ennemis. Je sais depuis combien de temps je suis là environ. Je n'avais jamais eu conscience d'aimer autant me souvenir de moi-même. Perdre sa personnalité, ses repères... quoi de plus horrifiant ? C'est ce que j'expérimente ici, avec les autres nations. Qui a eu l'idée de lancer cette "mission", à la base ? Qui peut avoir décidé de nous jeter dans cette fosse sans fond, où notre seul avenir est de nous oublier nous-même ? Si je le savais, il ne vivrait pas vieux... Jamais je ne me suis sentit aussi incertain du futur. Avoir laissé mon pays derrière moi me brise, je pense que les non-nations ne se rendent pas compte de l'erreur qu'ils font en nous enfermant ici. Pour le moment nous restons calme, mais je pense que certains développeront des désirs de vengeances. Si cela s'étend, nous pourrions devenir dangereux... Je ne veux pas redevenir comme ça, j'ai été assez ignoble dans le passé pour ne pas vouloir recommencer. 

Ce passé qui me suit, qui réclame vengeance. J'ai toujours tenté d'oublier tout ça, la preuve en est est que je m'entends très bien avec Brésil, par exemple, et toutes les autres nations qui furent mes colonies. Mais je ne peux pas nier que je leur ai fait du mal, un mal ignoble, alimenté par les conneries que l'ont inventait à l'époque sur ceux qui n'étaient pas de "race blanche", ou qui étaient des "hérétiques qui ne croyaient pas au Christ". Ces foutaises qui me rendent aujourd'hui dingue. Le problème... c'est qu'ici, j'oublie parfois complètement où je suis. Je reviens dans mon passé sombre, parfois à plus récent, et j'oublie complètement le reste. Parfois même, encore plus terrifiant, je ne suis même plus ce que j'ai été à une époque. Je m'imagine en personnage de livre, de film, ou je ne sais quoi. Je n'ai pas toujours le même nom, le même physique, et pourtant je ne m'en rend pas compte. Je change d'identité. J'ai une autre histoire, une autre vision des choses, et je ne m'en rend compte qu'après coup. Des fois c'est dans mes rêves, alors ça va. Mais des fois... ça me prend comme ça, en pleine journée. Souvent c'est avant que je ne prenne ces médicaments qu'on nous impose. Je les prends, car cela me permet de me calmer au moins pour quelques heures. Je les ais pris juste avant de commencer à écrire ceci. Mais ça recommencera bientôt, et je redeviendrais soit ignoble, soit quelqu'un qui n'est pas moi.

Je veux partir d'ici. Quitter cet endroit de malheur. Mon frère est persuadé qu'il est ici pour son bien. J'ai failli le penser un instant mais je n'y crois plus. Ce lieu me fait trop de mal pour que je puisse penser que nous en avons besoin. Je ne sais pas si les autres ressentent la même chose que moi, si ça leur plait d'oublier qui ils sont le temps d'un rêve ou d'une hallucination, mais moi ça me fait seulement peur. Je veux partir loin, rentrer chez moi, reprendre ma vie d'autrefois.

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Dernière édition par Portugal / Vicente le Dim 24 Avr - 13:51, édité 1 fois
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Re: "Il y a en chacun de nous une chose qui n'a pas de nom, et cette chose est ce que nous sommes." | Portugal

Message par Portugal / Vicente le Dim 24 Avr - 13:51





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Spinoza dit que c'est notre désir qui mène notre conscience.
Peut-être qu'on n'a plus de réels désirs ici, à part celui de quitter ce lieu,
et c'est pour ça qu'on voyage entre les mondes : notre conscience réclame des désirs.
Du coup on délire, on voyage, on désire et on revient à la réalité.
Ca me manque, de voyager pour de bon.





« PEUR DE L'OUBLI, PEUR DE SOI»

Je vais commencer par ce qui me perturbe le plus. Pendant une dizaine de jours, on a tous déliré. Déliré... mais bizarrement. D'habitude c'est seul ou à deux, mais là... toutes les nations se sont retrouvées dans le même monde, en même temps, et jamais ça ne m'était arrivé pendant si longtemps. On était tous des pirates, des corsaires, ou de simples personnes, et on s'est tous retrouvés à Tortuga durant... oui, sans doute le 17ème siècle, vu nos armes et nos tenus. J'étais un corsaire, avec mon frère, et on était redoutés car nous faisions bien notre boulot et nous avions arrêtés des dizaines de grands pirates...  J'avais toute une vie, et je pensais même avoir des parents. C'était vraiment étrange et perturbant, en plus de m'avoir rendu ignoble. J'ai retrouvé ma façon de penser arriérée du 16ème siècle jusqu'à... il y a très peu en fait. Depuis la fin de la dictature. Ça me rappelle trop de mauvais souvenirs, tout ça. J'ai fait du mal à des amis, pendant tout ça, et j'ai vraiment agit comme un connard, c'est le mot. Dans mes souvenirs, j'avais blessé mon frère et lui avait retiré la vue d'un oeil. En retour il m'avait fait une belle cicatrice sur le visage. On s'entendait mal, mais bien en même temps. On se battait, on s'engueulait, mais on restait deux frères et on prenait soin l'un de l'autre.
Et si encore je n'avais été qu'un connard... Mais bon, c'est compliqué de passer l'éponge sur ça vu les conneries que j'ai pu faire. J'ai couché avec Arthur, quand même. Arthur, mon meilleur ami, qui s'en souvient lui aussi. Il y a eu une énorme gêne quand on s'est retrouvés après tout ça, on n'a pas osé se regarder en face, l'un comme l'autre, et finalement on en a parlé hier. C'était son anniversaire, il commence à être vieux ce con ! Et du coup on a parlé de ce qu'on avait fait. On est d'accord sur un point : on ne le dit pas aux autres, on le garde pour nous. Et... il faudrait que j'aille parler à Erlina aussi. J'ai déconné deux fois en dix jours, et en plus de ça c'est la même fratrie... J'ai fait fort. Mais je n'étais pas moi-même, faut que je garde ça en tête. Je n'étais surtout pas moi-même quand j'ai attaqué Matthew et qu'on s'est blessés mutuellement. Je me souviens peu de la scène mais je sais que je l'ai blessé assez sévèrement au ventre et qu'il m'a rendu la pareille à l'épaule. Il n'y a aucune trace, j'ai juste l'impression d'avoir une légère douleur par moment, mais ça ressemble plus à une nevrose qu'autre chose. Je ne pense pas que nous nous soyons réellement battus dans la réalité. Sinon, bonjour le bain de sang. Je me souviens que je haïssais Gilbert, puisqu'il sortait plus ou moins avec Antonio, et qu'on s'est battus une fois. Ca par contre, j'ai encore mal. Un coup de poing pareil dans la mâchoire ça calme. Je me suis pris la tête avec Gareth, aussi, il me semble. Je ne sais plus ce que j'ai cru vivre et ce dont je pensais me souvenir, c'est vraiment troublant.

Quand je suis revenu à moi-même, c'était le matin en me réveillant dans mon lit. J'ai mis un moment à faire le tri, et j'ai noté tout ça sur une feuille. Des noms, des lieux, plein de choses dont je me souvenais, puis je les ai classé dans deux colonnes : vérité et délire. J'ai fait la part des choses comme ça, puis je suis allé dans la salle de repos de l'institut. J'y ai vu pas mal de monde, notamment Feliciano qui semblait avoir perdu pied avec la réalité. Il disait qu'il avait perdu ses amis etc, je pense qu'il n'était pas encore complètement sortit de cette sorte de rêve collectif. Il y en a peut-être eu d'autres dans son cas, mais je n'ai vu que lui. Il m'a fait un peu pitié, mais il a l'air d'aller mieux maintenant, c'est tant mieux. Je l'aime bien, l'italien. Dans tous les cas, j'espère qu'on ne revivra pas d'événement du genre. C'était beaucoup trop bizarre. Si jamais ça recommence, j'espère que je ne redeviendrais pas aussi mauvais.
Heureusement que nous étions sur une île. Si ça avait été sur les colonies, dans les terres, je n'imagine même pas ce que j'aurais pu faire.

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